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le stade de gerland

le stade de gerland
STADE DE GERLAND

Juillet 1998 : les drapeaux flottent bien haut au dessus du stade lyonnais de Gerland. Construit en 1920 par Tony Garnier, habillé de tribunes latérales en 1982 par l'architecte René Gagès, ce "stade des sports athlétiques" a fait peau neuve et a amélioré sa capacité d'accueil pour recevoir huit matches de la coupe du monde et, au-delà, combler le club et le public lyonnais. Avec la restructuration complète des virages nord et sud, ce sont 25 000 places couvertes et à la visibilité maximale qui ont été offertes à ce dernier.

"Le stade des sports athlétiques" de Gerland est sans doute l'une des oeuvres les plus attachantes de Tony Garnier. Figurant dans son ouvrage "Grands Travaux de la ville de Lyon" datant de 1916, ses plans ont dû être esquissés dès 1913.
Outre le stade conçu à l'antique, avec des gradins de plein air, ils prévoyaient toute une série d'autres équipements - un quartier réservé aux athlètes et aux cyclistes, une piscine, des tennis et des restaurants notamment, qui n'ont pour la plupart pas vu le jour.
Le stade ne sera réalisé qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. En béton et ciment armé, il se distingue par une absence volontaire de décor, à l'exception des quatre portes monumentales, reliées par une galerie périphérique posée sur un talus végétal, et qui avec le temps sont devenues signal et confèrent au lieu une personnalité remarquable. D'une capacité d'accueil initiale d'environ 30 000 personnes, il a été à plusieurs reprises remanié. Des suppressions comme les anciennes pistes d'athlétisme et de course cycliste et des ajouts comme les tribunes latérales ont ainsi changé la physionomie du stade.

Finesse et légèreté ont été les maîtres mots de la conception architecturale.
Et cela essentiellement pour que le "stade des sports athlétiques" puisse recouvrer sa transparence initiale, voulue par Tony Garnier.
Cette volonté a, sans mal, été confortée par le souci d'obtenir une parfaite adéquation entre une visibilité accrue pour les spectateurs et un rapprochement des gradins. Cette adéquation mise en oeuvre a en effet libéré un généreux parvis. En résulte un dégagement avantageux pour la galerie périphérique qui, enfin, recouvre une nécessaire respiration et de fait un attrait oublié. Les quatre portes néoclassiques de l'enceinte, inscrites à l'Inventaire des monuments historiques depuis 1967, bénéficient de cette exploitation de l'espace. De nouveau affranchies, elles facilitent la compréhension des interventions architecturales successives.

Plus que respectueuse du travail de Tony Garnier, la nouvelle physionomie du stade puise sa force même dans le tracé régulateur initial. En faisant resurgir le rectangle d'or et les deux cercles adjacents qui ont dicté la composition de Tony Garnier, le nouveau tracé s'impose comme une résultante. Si les axes de la structure des gradins de chacun des virages ont pour origine le centre du cercle opposé, les gradins quant à eux répondent à une logique orthogonale. A cette astuce qui a permis d'optimiser le rapprochement des places au regard du terrain, s'ajoute le respect par l'extrémité des virages de l'alignement des portes monumentales. Les bases de la composition ainsi jetées, c'est ensuite un travail colossal de mise au point des détails qui a permis aux systèmes rayonnant et orthogonal de cohabiter sans jamais se contredire.

Afin de respecter l'oeuvre de Tony Garnier et d'offrir une belle perspective depuis la ville, l'élément couvrant des deux virages a été voulu léger et aérien.
S'il a nécessité de nombreux calculs plutôt minutieux, il n'offre aux spectateurs qu'une évidence constructive avec trois niveaux de lecture - du plus lourd au plus léger : du béton pour les piles et les gradins, du métal pour les fléaux et les attaches de la couverture et de la toile pour la couverture proprement dite. La réalisation de l'ouvrage n'est pas, bien évidemment, aussi simple qu'elle ne paraît. Les gradins inférieurs d'une capacité de 8 000 places par virage sont constitués d'éléments préfabriqués posés sur un réseau de longrines et de pieux descendus au sous-sol. Les gradins supérieurs avec 4 500 places complémentaires proposent quant à eux une première mixité structurelle. Aux six piles en béton de 13,50 m de haut maximum, sont fixées des poutres-caissons métalliques. Lesquelles soutiennent des crémaillères rayonnantes, supports des éléments en béton préfabriqué des gradins. Le système de couverture des tribunes exploite une seconde mixité. Une toile en polyester enduit PVC de 2kg/m', est tendue sur des arcs bitubes métalliques, eux-mêmes portés par six caissons mécano-soudés. Ces derniers présentent la particularité d'intégrer la sonorisation et le réseau d'eau pluviale. Ils sont encore articulés en tête des piles et stabilisés par un jeu de tirants antagonistes précontraints. La toile tendue à 500 kg dans les deux sens est ainsi parfaitement rigide. Revêtue d'une protection Téflon anti-salissure, elle résistera aux affres du temps.


Capacité : 44 000 places assises

Coût : 150 MF HT - Mission de base loi MOP + études exécution

Date réalisation : 1996 à Avril 1998

# Posté le lundi 22 août 2005 16:42

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